Guide complet du Décret BACS — Édition 2026

    Décret BACS 2026 : seuil 70 kW, échéances 2025 et 2030, cinq fonctions attendues, classes de GTB, exemption par le TRI, financement CEE BAT-TH-116 et mise en conformité.

    En résumé

    Le décret BACS impose aux bâtiments tertiaires dont la puissance des systèmes CVC dépasse 70 kW d'être équipés d'un système d'automatisation et de contrôle — en pratique une GTB. Les bâtiments existants de plus de 290 kW devaient être conformes au 1er janvier 2025 ; ceux de 70 à 290 kW le seront au 1er janvier 2030. Une exemption reste possible si le temps de retour sur investissement dépasse 10 ans, démontré selon la méthode réglementaire.

    1. Comprendre le décret BACS

    BACS signifie Building Automation and Control Systems. Le décret transpose en droit français les exigences européennes sur la performance énergétique des bâtiments et est codifié à l'article R175-2 du Code de la construction et de l'habitation.

    Sa logique est simple : on ne pilote que ce que l'on mesure. Un bâtiment tertiaire équipé d'installations CVC importantes doit disposer d'un outil capable d'enregistrer les consommations, de les comparer à une référence et de signaler les dérives, afin d'éviter les gaspillages structurels (chauffage hors occupation, surventilation, chauffage et climatisation simultanés).

    Le décret BACS est complémentaire du décret tertiaire (dispositif Éco Énergie Tertiaire) : le premier impose l'outil de pilotage, le second impose une trajectoire de réduction des consommations déclarée sur OPERAT.

    2. Qui est concerné ? Périmètre et cas particuliers

    Sont concernés les bâtiments non résidentiels équipés de systèmes de chauffage, de climatisation, de ventilation, seuls ou combinés à la production d'eau chaude sanitaire, dont la puissance nominale utile est supérieure à 70 kW.

    • Bureaux, sièges sociaux, espaces de coworking.
    • Commerces, centres commerciaux, hôtels et restaurants.
    • Établissements d'enseignement, de santé, ERP publics et privés.
    • Entrepôts logistiques et bâtiments tertiaires de sites industriels.

    Cas particuliers fréquents. Les puissances se cumulent à l'échelle du bâtiment : trois centrales de traitement d'air de 30 kW franchissent le seuil. Un bâtiment multi-occupants reste assujetti même si les locataires exploitent séparément leurs équipements. Un bâtiment mixte logement/tertiaire n'est concerné que pour sa partie tertiaire, ce qui suppose de savoir isoler les puissances correspondantes.

    3. Dates et échéances à jour 2026

    Quatre repères structurent le calendrier réglementaire :

    1. 21/07/2021

      Bâtiments neufs > 290 kW

      Exigence BACS applicable dès la construction.

    2. 08/04/2024

      Bâtiments neufs > 70 kW

      Extension de l'obligation aux nouveaux seuils.

    3. 01/01/2025

      Bâtiments existants > 290 kW

      Échéance de mise en conformité passée.

    4. 01/01/2030

      Bâtiments existants 70 – 290 kW

      Échéance à anticiper dès aujourd'hui.

    Récapitulatif des seuils et échéances du décret BACS
    Type de bâtimentPuissance CVCÉchéance
    Bâtiment neuf> 290 kWDepuis le 21/07/2021
    Bâtiment neuf> 70 kWDepuis le 08/04/2024
    Bâtiment existant> 290 kW1er janvier 2025
    Bâtiment existant70 – 290 kW1er janvier 2030

    En 2026, deux situations coexistent : les bâtiments de plus de 290 kW sont en retard de conformité s'ils ne sont pas équipés, et ceux de 70 à 290 kW disposent d'une fenêtre d'anticipation de quatre ans — la période idéale pour intégrer la GTB à un renouvellement d'équipement déjà programmé.

    4. Que doit faire un BACS ? Les 5 fonctions

    1. Suivre et enregistrer les consommations d'énergie en continu, avec conservation des données mensualisées sur 5 ans.
    2. Situer la performance du bâtiment par rapport à une référence, pour objectiver les écarts.
    3. Détecter les dérives et alerter les responsables de l'exploitation, avec possibilité de proposer des améliorations.
    4. Assurer l'interopérabilité entre les systèmes techniques du bâtiment, quels que soient les constructeurs.
    5. Permettre l'arrêt manuel et la gestion indépendante des équipements par l'exploitant.

    Une GTB qui se limite à afficher des courbes ne suffit donc pas : ce sont la comparaison à une référence, l'alarme de dérive et la traçabilité sur cinq ans qui font la conformité.

    5. Quels systèmes techniques relier ?

    Systèmes techniques à raccorder à la GTB
    SystèmePrioritéCe que la GTB doit apporter
    ChauffageIndispensableProgrammation horaire, consignes, comptage, détection de dérive
    VentilationIndispensableDébits selon occupation, arrêt hors occupation, suivi des heures
    Climatisation / froidIndispensableAnti-simultanéité chaud/froid, consignes saisonnières
    ECS coupléeRecommandéTempératures, bouclage, suivi des consommations
    ÉclairageRecommandéScénarios horaires, gradation, présence
    Comptage divisionnaireRecommandéRépartition par usage, fiabilité du suivi 5 ans

    Le raccordement doit s'appuyer sur des protocoles ouverts et documentés afin de garantir l'interopérabilité exigée et d'éviter la dépendance à un unique fournisseur.

    6. Les 4 classes de GTB — NF EN ISO 52120-1

    La norme NF EN ISO 52120-1 classe les systèmes d'automatisation selon leur niveau de performance, de D à A.

    Classes d'efficacité des systèmes d'automatisation selon NF EN ISO 52120-1
    ClasseNiveauCaractéristiques
    AHaute performanceRégulation fine multi-zones, optimisation prédictive, suivi détaillé par usage
    BAvancéeRégulation évoluée, communication entre systèmes, suivi énergétique structuré
    CStandardNiveau de référence, fonctions de base attendues pour la conformité
    DNon performanteRégulation locale sans supervision — à faire évoluer

    En pratique, la conformité au décret suppose au minimum une classe Cdisposant effectivement des cinq fonctions. Viser la classe B ou A augmente le gain énergétique, et conditionne aussi la valorisation CEE.

    7. Exemptions & calcul du TRI

    Le décret prévoit une exemption lorsque l'installation d'un système d'automatisation présente un temps de retour sur investissement supérieur à 10 ans. Trois conditions encadrent cette démonstration :

    • calcul réalisé selon la méthode réglementaire ;
    • aides déduites du montant d'investissement (CEE notamment) ;
    • appui sur au moins deux devis réels d'installateurs.

    L'exemption doit être documentée et conservée : c'est cette note qui sera présentée en cas de contrôle.

    Exemple chiffré de TRI

    • Investissement GTB (moyenne de deux devis) : 60 000 € HT
    • Prime CEE estimée (BAT-TH-116) : – 15 000 €
    • Investissement net : 45 000 €
    • Consommation annuelle CVC : 70 000 € / an
    • Économies attendues (hypothèse 10 %) : 7 000 € / an
    • TRI = 45 000 / 7 000 = ≈ 6,4 ans → inférieur à 10 ans, pas d'exemption

    Exemple pédagogique et non contractuel. Les valeurs réelles dépendent des devis, du prix de l'énergie et du profil de consommation du bâtiment.

    8. Financer sa GTB : CEE / BAT-TH-116

    La fiche standardisée BAT-TH-116 « Système de gestion technique du bâtiment » permet de valoriser l'installation d'une GTB au titre des Certificats d'Économies d'Énergie. Le principe : un obligé ou un délégataire verse une prime en contrepartie des économies d'énergie générées.

    Le montant dépend notamment :

    • de la classe de GTB atteinte (A ou B mieux valorisées que C) ;
    • de la surface et de l'usage du bâtiment ;
    • de la zone climatique et des usages couverts ;
    • de l'offre commerciale retenue, très variable d'un acteur à l'autre.

    Aucun montant ne peut donc être promis à l'avance. Deux règles de méthode : mettre les offres CEE en concurrence, et ouvrir le dossier avant la signature du devis de travaux, condition d'éligibilité incontournable.

    9. Inspection, réception & cybersécurité

    La conformité ne se juge pas sur la facture d'installation mais sur le fonctionnement réel du système. À la réception, vérifiez point par point :

    • remontée effective de chaque point de mesure et cohérence des compteurs ;
    • historisation des données mensualisées et export sur 5 ans ;
    • déclenchement réel des alarmes de dérive et destinataires identifiés ;
    • possibilité d'arrêt et de reprise manuelle des équipements ;
    • documentation, plans d'automatismes et formation de l'exploitant.

    Cybersécurité : une GTB est un système connecté. Prévoyez la segmentation du réseau, la suppression des mots de passe par défaut, la gestion nominative des accès, les mises à jour des automates et la sauvegarde des configurations. Ces points se contractualisent dans le cahier des charges, pas après la mise en service.

    10. La méthode d'accompagnement O-TEKA

    1. Inventaire CVC : relevé des équipements, cumul des puissances, qualification du seuil.
    2. Diagnostic de l'existant : analyse de la GTB/GTC en place et de sa classe réelle.
    3. Analyse d'écarts : confrontation aux cinq fonctions attendues par le décret.
    4. Étude de TRI : calcul selon la méthode réglementaire, aides déduites, sur devis réels.
    5. Cahier des charges GTB : fonctions, points de comptage, protocoles ouverts, exigences cyber.
    6. Consultation & CEE : aide au choix des offres et cadrage du dossier CEE avant engagement.
    7. Réception et suivi : vérification fonctionnelle, dossier de conformité, suivi des consommations.

    O-TEKA Énergie est un bureau d'études indépendant basé à Deuil-la-Barre (Val-d'Oise), intervenant dans toute l'Île-de-France. Nous ne vendons ni matériel ni installation : l'analyse reste neutre. Écrivez-nous à contact@o-teka.fr.

    12. Passer à l'action

    Trois étapes concrètes à engager dès maintenant :

    1. Établir l'inventaire des systèmes CVC et cumuler les puissances pour situer votre bâtiment par rapport au seuil de 70 kW.
    2. Qualifier la GTB existante : est-elle capable d'enregistrer, comparer, alerter, dialoguer et être arrêtée manuellement ?
    3. Lancer l'étude de conformité et le calcul de TRI avant tout engagement de travaux, pour sécuriser la trajectoire et les CEE.

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    Informations mises à jour le 20 juillet 2026. La réglementation évolue ; l'assujettissement, les seuils et les échéances doivent être confirmés selon le bâtiment, son usage et sa situation juridique. Cette page a une visée pédagogique et ne se substitue pas à un avis technique personnalisé.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que le décret BACS ?

    Le décret BACS impose d'équiper les bâtiments tertiaires disposant de systèmes de chauffage, ventilation ou climatisation dépassant certains seuils de puissance d'un système d'automatisation et de contrôle (GTB). L'objectif est de suivre, comparer et optimiser en continu les consommations d'énergie.

    Légifrance — art. R175-2 du CCH

    Quel est le seuil d'assujettissement au décret BACS ?

    Le seuil est une puissance nominale utile des systèmes CVC supérieure à 70 kW. Les puissances des systèmes concernés se cumulent à l'échelle du bâtiment : plusieurs équipements de faible puissance peuvent franchir le seuil ensemble.

    Quelles sont les échéances à jour en 2026 ?

    Bâtiments neufs > 290 kW : depuis le 21/07/2021. Bâtiments neufs > 70 kW : depuis le 08/04/2024. Bâtiments existants > 290 kW : 1er janvier 2025. Bâtiments existants de 70 à 290 kW : 1er janvier 2030.

    Mon bâtiment existant fait 120 kW, que dois-je faire en 2026 ?

    Il relève de la tranche 70–290 kW, dont l'échéance est le 1er janvier 2030. La bonne pratique est d'engager dès maintenant l'inventaire CVC et l'étude technique : les délais d'étude, de consultation et de travaux se comptent en mois, et l'anticipation permet de mobiliser les CEE avant l'engagement des devis.

    Quelles sont les cinq fonctions attendues d'un BACS ?

    Suivre et enregistrer les consommations en continu, situer la performance du bâtiment par rapport à une référence, détecter les dérives et alerter, assurer l'interopérabilité entre les systèmes techniques, et permettre un arrêt ou une reprise manuelle des équipements.

    Combien de temps faut-il conserver les données ?

    Les données de consommation mensualisées doivent être conservées et accessibles sur une profondeur de 5 ans. Ce point est vérifié lors d'un contrôle de conformité et conditionne la capacité à comparer la performance dans le temps.

    Quels systèmes techniques faut-il relier à la GTB ?

    Prioritairement le chauffage, la ventilation, la climatisation et la production d'eau chaude sanitaire lorsqu'elle est couplée. L'éclairage, les auxiliaires, la production locale d'énergie et le comptage divisionnaire sont fréquemment intégrés pour fiabiliser le suivi.

    Quelle classe de GTB viser selon la norme NF EN ISO 52120-1 ?

    La norme définit quatre classes, de D (non performant) à A (haute performance). Le respect des fonctions du décret suppose au minimum une GTB de classe C, la classe B ou A apportant un gain énergétique supplémentaire par une régulation plus fine.

    Existe-t-il des exemptions au décret BACS ?

    Oui. Une exemption est possible lorsque l'installation d'un système d'automatisation présente un temps de retour sur investissement supérieur à 10 ans, calculé selon la méthode réglementaire, aides déduites et sur la base d'au moins deux devis réels. La démonstration doit être documentée et conservée.

    Comment se calcule le TRI d'un projet GTB ?

    On rapporte le coût d'investissement, aides déduites, aux économies annuelles d'énergie attendues valorisées au prix réel de l'énergie. Le calcul doit s'appuyer sur des devis réels et sur la méthode prévue par la réglementation, pas sur une estimation forfaitaire.

    Les CEE peuvent-ils financer une GTB ?

    La fiche standardisée BAT-TH-116 vise l'installation d'un système de gestion technique du bâtiment. Le montant de la prime dépend de la classe de GTB atteinte, de la surface, de la zone climatique et de l'offre de l'obligé ou du délégataire retenu ; il ne peut pas être garanti à l'avance.

    À quel moment engager la démarche CEE ?

    Avant la signature du devis de travaux. Le dossier CEE doit être ouvert et l'offre acceptée en amont de l'engagement, faute de quoi la prime peut être refusée.

    Comment se passe la réception d'une GTB ?

    Par une vérification fonctionnelle point par point : remontée des mesures, cohérence des points de comptage, déclenchement effectif des alarmes de dérive, historisation des données, et capacité d'arrêt manuel. Un procès-verbal documente les fonctions vérifiées.

    La cybersécurité est-elle un sujet pour une GTB ?

    Oui. Une GTB est un système d'information connecté : segmentation réseau, gestion des accès et des mots de passe, mises à jour des automates et sauvegarde des configurations doivent être prévues dès la conception du projet.

    O-TEKA intervient-il en Île-de-France sur le décret BACS ?

    Oui. O-TEKA Énergie, bureau d'études basé à Deuil-la-Barre (Val-d'Oise), accompagne les bâtiments tertiaires de toute l'Île-de-France : inventaire CVC, analyse de conformité, calcul de TRI, cahier des charges GTB et suivi de la mise en œuvre. Contact : contact@o-teka.fr.

    Rédigé par O-TEKA, bureau d'études énergie (Layla Amara, ingénieure en efficacité énergétique) · Dernière mise à jour : 2026-08-22

    Informations à jour au 2026-08-22. La réglementation évolue ; l'assujettissement et la mission dépendent du bâtiment et de sa situation juridique. Cette page a une visée pédagogique et ne se substitue pas à un avis technique personnalisé.